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Un beau reportage sur les Clowns à l'Hôpital :

"Le rire en perfusion" :
http://www.migrosmagazine.ch/index.cfm?id=14767

 

Les clowns de la Fondation Théodora jonglent avec des sourires, culbutent le silence aseptisé des hôpitaux.
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Les docteurs Didou et Pop Corn ont bien enfilé leur blouse blanche, ajusté leur stéthoscope, mais elles ont surtout chaussé leur… nez rouge. Mais oui, ce sont les clowns mandatés par la Fondation Théodora, qui viennent, comme chaque semaine, faire une tournée dans les chambres. Histoire d’alléger le séjour des petits patients.
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Les enfants sont médusés. Il faut dire que ces deux complices aux grands pieds sont de véritables poèmes vivants. Bas rayés, chausses de lutin et blouse aux poches multicolores farcies de surprises, pour l’une. Robe cloche et antennes de velours fichées sur la tête, pour l’autre. A elles deux, elles doivent bien trimbaler l’équivalent de la caverne d’Ali Baba: marionnettes, bulles de savon, flûtes à nez, accordéon, lolette à lampe clignotante et autres accessoires abracadabrants sont à portée de main pour faire débouler le rire.
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Infirmiers, médecins sont volontiers pris à partie, sollicités pour décrocher une souris verte du plafond ou donner une réplique. Le public, c’est tout le monde. Enfin, pas vraiment un public, plutôt des partenaires de jeu. «Ce n’est pas un spectacle, mais de l’improvisation en live, sans filet, sans histoire, avec l’inspiration du moment», explique Pop Corn, alias Ana Tordera, clown junior et comédienne dans l’autre vie.
Magie, bricolages, musique, poésie, on l’a compris, les docteurs Rêves apportent un bouquet de couleurs dans les couloirs hospitaliers. Comme un tourbillon joyeux, une injection de rires, une flaque sonore et tintinnabulante qui dédramatise les lieux et le quotidien des malades. Leur présence rappelle que la vie à l’extérieur existe toujours, que l’espoir est possible, que rire vaut encore la peine. Jusque dans la section de néonatologie, où les tout-petits ont droit eux aussi à un sourire, un cœur gonflé, une berceuse.
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Les docteurs Rêves sont au courant de chaque cas, connaissent les diagnostics et sont bien sûr liés par le secret professionnel. «On leur a demandé de venir le matin pour qu’ils puissent distraire les malades avant ou après les soins. Du coup, les enfants oublient leur appréhension et sont moins tendus», précise Suzanne Derendinger, infirmière cheffe du service. Un avis largement partagé par le médecin responsable de la pédiatrie: «Même les enfants en état critique font un signe de la main, leurs yeux s’allument. Nous n’avons que des expériences positives. L’enfant hospitalisé qui rencontre un docteur Rêve ressort avec un autre souvenir de l’hôpital.»

Alors, la guérison par le rire? Le mot est trop fort. «Nous ne sommes pas des thérapeutes», s’empresse de souligner Didou, qui connaît le sujet. Pour cette infirmière qui a bifurqué vers les marionnettes, avant de devenir clown il y a sept ans, les rôles sont clairs: «J’espère qu’on est un souffle, une bulle d’air, une fenêtre ouverte, que l’on casse un peu cet univers hospitalier bien rodé.»
Petit miracle
N’empêche. Un sourire, une tendresse improvisée, un échange ludique peuvent avoir des effets inattendus sur ces enfants hospitalisés parfois pour de longs séjours, murés dans leur souffrance. Mucoviscidose, diabète ou plus grave. Catherine Joly se souvient de cette petite fille, guérie d’une méningite, mais qui restait prostrée dans le souvenir de sa douleur. «Quand je suis entrée dans sa chambre, elle ne parlait pas depuis plusieurs jours, elle était figée dans son lit en chien de fusil. J’ai commencé à lui parler, à décrire les peluches autour d’elle, et puis j’ai fait des bulles de savon. Elle s’est mise à les attraper et finalement s’est retrouvée assise dans son lit alors qu’elle ne bougeait plus depuis quatre jours.»
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Le succès des clowns a été tel que l’équipe n’a cessé de s’agrandir. Aujourd’hui, ce sont 128 docteurs Rêves actifs dans neuf pays, dont 42 clowns qui desservent 42 hôpitaux en Suisse. Pour la plupart, les personnes engagées ont déjà une formation artistique et sont choisies pour leur intelligence émotionnelle, leurs compétences, leur spontanéité. Mais pour devenir un docteur Rêves, il faut encore suivre une formation de deux ans, en plusieurs étapes. Histoire d’acquérir quelques notions de base en médecine, hygiène hospitalière et psychologie de l’enfant.
[Patricia Brambilla]
Tag(s) : #4. Santé et MUSIQUE