Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Un autre article, signé Dominique Leglu, et paru ce 27 mars 2011 à 22h27 sur le site Nouvel Obs.com,

dans le blog "Science pour vous et moi" de Dominique Leglu, directrice de la rédaction de "Sciences et avenir".

 

ici :
http://sciencepourvousetmoi.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/27/fukushima-suite-20-mais-que-se-passe-t-il-dans-le-reacteur-n.html

 

Je cite :

 

FUKUSHIMA (suite 20) MAIS QUE SE PASSE-T-IL DANS LE REACTEUR N°2 SELON AREVA ?

Dimanche 27 mars. 22h20. Mais que se passe-t-il dans le réacteur n°2 ? Nous avons pu nous procurer le détail de l’analyse faite par le Dr Matthias Braun, spécialiste de chez Areva Allemagne, dont l’inquiétude se concentre sur le réacteur n°2, dont nous reproduisons ici certaines planches (voir les schémas ci-dessous). Rappelons qu’ici, en France, les craintes de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (1) se sont plutôt focalisées sur le réacteur n°3 (contenant du MOX, fourni par Areva). Notre constat : cela fait donc désormais deux réacteurs sur trois en perdition à la centrale de Fukushima, qui sont incriminés pour avoir laissé s’échapper des produits de fission dans l’environnement (produits très dangereux venant s’ajouter à tous ceux déjà mentionnés depuis plusieurs jours, à savoir les produits volatils comme Iode et Césium et aussi gaz rares). Il demeure stupéfiant que l’agence de sûreté japonaise ne publie aucune précision du même genre. Est-elle complètement dépassée ? Les analyses des experts étrangers sont-elles vraiment prises en compte ? A ce stade de la catastrophe, cette situation semble sans précédent. Qui en réfère à l’autorité internationale AIEA (agence internationale pour l’énergie atomique) pour sa gouverne ?  

 

 

 

 [NB à tous les lecteurs de ce blog. Il est en ce moment assez difficile d'accéder rapidement aux éléments du PowerPoint mentionné et il a été quasi-impossible aux reponsables du site de trouver une façon plus rapide de les afficher. Dès que nous aurons trouvé une solution, nous la mettrons en place. Merci de votre patience]
 
(Voir particulièrement pages 2, 7, 11, 22 et 24)

Le document d'Areva sur Fukushima

 

 

 

2ème partie. EXPLICATIONS ET NOS QUESTIONS.

. C’est peu de dire que les dernières informations en provenance du Japon ce dimanche reflètent une grande confusion – traduction de plusieurs choses. D’abord, la preuve d’un stress considérable sur place, pour ceux qui doivent s’activer actuellement dans la centrale de Fukushima, avec toujours deux buts majeurs : refroidir les cœurs de réacteur (ou ce qu’il en reste) avec de l’eau douce (1) et les piscines dans lesquelles est entreposé du combustible usagé et éviter de nouveaux relargages massifs de radioactivité. Ainsi, on a appris qu’un employé avait pris la fuite depuis le réacteur n°2, suite à des mesures qui annonçaient un taux de radioactivité record (le chiffre de 10 millions de fois supérieure à la normale avait été cité). Ce qui a entraîné l’évacuation de la centrale.

Quelques heures plus tard, après que l’information eut fait le tour de la planète…, l’opérateur TEPCO (Tokyo Electric power) s’excusait en disant qu’il s’était trompé (de type d’élément radioactif rejeté) et devait refaire ses calculs, sur les injonctions de l’agence de sûreté nucléaire japonaise.

En définitive, la seule annonce qui semblait à peu près fiable était celle d’un débit de dose de radioactivité mesuré dans la centrale à « 1000 millisieverts par heure ». Autrement dit 1 sievert par heure. (Rappelons que si un individu prend 1 sievert d’un coup, ici en une heure, il présente déjà un « syndrome d’irradiation aiguë. Cela ne fait qu’empirer s’il prend 2 sieverts ou encore plus. A 6 sieverts, la mort est certaine). Cela montre, à tout le moins, l’immense difficulté qu’il y a à mener, en ce moment sur place, les opérations de sauvetage qu’il faut absolument pratiquer pour que la catastrophe n’empire pas !

 

. C’est peu de dire aussi qu’une certaine confusion règne actuellement entre les « avis » d’experts sur l’état des réacteurs. Comme souligné en première partie, c’est le réacteur n°2 qui inquiète surtout le Dr Matthias Braun, d’Areva Allemagne.

Nous revenons ici sur cette présentation PowerPoint, dont nous avons retenu quelques pages sur les 33 que compte sa présentation.

 

 

 

PRESENTATION DE L’ACCIDENT SUR LE REACTEUR N°2 : « de l’hydrogène a brûlé dans le bâtiment réacteur ». Cela a « probablement endommagé la chambre à condensation » du réacteur. (D’où l’obtention) d’eau hautement contaminée ».

 

COMMENTAIRE : Rappelons, pour mémoire, qu’une fois le réacteur arrêté et les échanges stoppés avec la salle des turbines, en particulier, la vapeur s’est accumulée dans la cuve du réacteur quand la température est montée dans le cœur du réacteur (a fortiori quand il a commencé à fondre), par manque de refroidissement habituel. Selon un schéma de fonctionnement « normal », cette vapeur devait commencer par passer par une « chambre à condensation ». Autrement dit un réservoir d’eau – situé vers le bas de l’enceinte du réacteur - permettant de refroidir la vapeur avant de la réinjecter dans la cuve du réacteur. Cela, c’est le principe de fonctionnement, en cas de situation non catastrophique mais qui nécessite de conserver une bonne température dans le cœur et aucun contact avec l’extérieur. Il n’a pu fonctionner que le temps pendant lequel cette chambre à condensation a conservé une température plus basse que 100° C, température à laquelle… l’eau bout et ne saurait plus refroidir quoi que ce soit ! Ou tant que cette chambre de condensation a tout simplement… existé. Or, une explosion hydrogène (non vue sur les écrans de télévision car contenue à l’intérieur du bâtiment réacteur) a manifestement endommagé cette chambre à condensation.

 

Que s’est-il alors passé ?

 

PRESENTATION DE L ACCIDENT SUR LE REACTEUR N°2 (suite). Selon le PowerPoint du Dr Matthias Braun, il y a eu « rejet incontrôlé de gaz dans l’enceinte de confinement ». Et, souligné en gras dans l’original de sa présentation « relâchement de produits de fission ».

 

COMMENTAIRE : Nous avons souligné

en rouge dans le 4è schéma cette annonce faite par un spécialiste à d’autres spécialistes d’un relâchement de produits de fission.  Il est également intéressant de souligner la dernière phrase de cette page qui avoue la difficulté dans laquelle se trouve cet expert pour formuler un diagnostic clair : « Il n’y a pas d’informations claires [permettant de comprendre] pourquoi l’unité n°2 s’est comportée différemment des autres (No clear information's why Unit 2 behaved differently, en anglais dans la présentation) ».

 

 

 

PRESENTATION DE L ACCIDENT SUR LE REACTEUR N°2 (suite). Cette analyse sur le réacteur 2 conduit le Dr Matthias Braun à plusieurs conclusions dont nous mentionnons les deux suivantes

:

- « Comme le bâtiment réacteur demeure essentiellement intact : le relâchement d’aérosols est réduit (non comparable à Tchernobyl) »

-

- NOS COMMENTAIRE et QUESTION : Ce sont ces aérosols qui contiennent des produits de fission très dangereux. Que signifie exactement « réduit » ? Est-il possible d’avoir une estimation ?

-

- «  Le relâchement des produits de fission dans la vapeur : les aérosols rapides augmentent, une grande partie retombe à proximité de la centrale »

-

- NOS COMMENTAIRE et QUESTION : Jusqu’où va la proximité ? 500 m ? 1 km ? 3 km ? au-delà ?

-

 

 

1) Une petite évaluation simple avec le débit d’eau de mer injectée depuis le début de la catastrophe et la quantité de sel contenue dans chaque litre d’eau de mer montre que « plusieurs centaines de tonnes de sel » ont été déversées dans la centrale de Fukushima. Du sel qui a pu cristalliser ou qui pourrait rester sous forme de saumure dans l’eau qu’on continue à déverser…

2) http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Docume... « L’IRSN poursuit ses investigations sur les causes potentielles de défaillance du confinement du réacteur n°3. Une des hypothèses examinée par l’IRSN concerne l’éventualité d’une rupture de la cuve du réacteur suivie d’une interaction entre le corium (mélange de combustible et de métaux fondus) et le béton au fond de l’enceinte de confinement. L’impact en termes de rejet dans l’environnement est en cours d’examen. » Lire aussi blogs précédents

 

 

 

 FIN DE L'ARTICLE du NOUVEL OBS.Com

 

Tag(s) : #12 Pollution généralisée, PCB, urgence d'agir !