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Un lien qui compile quelques unes des multiples solutions citées dans le film "demain" de Cyril Dion et Mélanie Laurent, solutions qui existent aujourd'hui de par le monde :
http://www.demain-lefilm.com/sites/default/files/assets/demain_dossier_pedagogique.pdf


Le film est construit autour de 5 chapitres couvrant une partie des champs de nos vies quotidiennes, et proposant, dans chacun de ces domaines, des solutions. Voici les portraits d’un certain nombre d’intervenants du film.

ECONOMIE

ROB HOPKINS,
Enseignant en permaculture, Créateur du mouvement des villes en transition.

En 2006, une évidence met Rob Hopkins en action : les gestes du quotidien les plus simples dépendent du pétrole. Pour nous nourrir, nous chauffer ou nous déplacer, nous avons recours à une énergie qui viendra immanquablement à disparaître. Comment se débarrasser de cette addiction au pétrole ? Comment rendre nos communautés résilientes face au double défi du pic pétrolier et des changements climatiques ? C’est en voulant répondre à ces questions que Rob Hopkins a fondé le mouvement des villes en transition. Objectif : réduire la dépendance au pétrole à l’horizon 2050. Il transforme alors sa ville Totnes, située dans le Devonshire en Grande-Bretagne, en laboratoire de la transition. Formateur en permaculture, Hopkins commence par multiplier les jardins partagés dans toute la ville, en incitant les détenteurs de parcelles à les prêter à ceux qui n’en disposent pas. Le mouvement s’étend jusqu’à la sphère économique puisque Totnes crée une monnaie locale, la livre de Totnes (le totnes pound), adoptée par plusieurs dizaines de commerçants dans le centre-ville et qui permet de relocaliser les richesses. Actif dans le domaine de l’énergie et des transports, le mouvement compte aujourd’hui près de 1200 initiatives dans le monde entier.

EMMANUEL DRON,
PDG de la société POCHECO.

« Il est plus économique de produire de manière écologique. » Tel est le leitmotiv du PDG de Pocheco, une entreprise du Nord-Pas-de-Calais spécialisée dans les enveloppes. Depuis vingt ans, il applique des principes « écolonomiques » à son activité, c’est à dire guidés par les trois piliers du développement durable : préservation de l’environnement, respect des salariés et du dialogue social, gains de productivité. En clair, il est devenu maître dans l’art de dépenser moins en étant plus vert, il réconcilie économies et écologie, ressources humaines et activité bénéficiaire. Emmanuel Druon est de ces patrons qui donnent envie d’aller travailler ! L’usine Pocheco ressemble à une vitrine de l’écologiquement correct : tout, ou presque, est recyclé, les déchets sont utilisés comme des ressources, papier, encre et électricité proviennent de sources renouvelables. La toiture végétalisée attire la biodiversité tout en isolant les ateliers. En récupérant les eaux de pluie, l’usine est devenue quasi-autonome en eau, elle est aussi surplombée de ruches et bordée par un verger. Pocheco consomme 10500 tonnes de papier chaque année mais replante jusqu’à 110000 arbres par an, au gré des commandes. Emmanuel Druon montre qu’une direction écologique et sociale et la participation de tous donnent du sens au travail de chacun et permettent une constante amélioration des relations humaines, donc de l’efficacité. Il est auteur d’un ouvrage paru aux éditions Actes Sud, Le syndrome du poisson-lune, sorte de manifeste d’anti-management dans lequel il relate son expérience.

BERNARD LIETAER,
Economiste.

Bernard Lietaer est au centre de toutes les questions économiques depuis plus de 40 ans par le biais de ses fonctions successives. En 1971, alors que Bernard Lietaer, fraîchement diplômé du MIT commence sa carrière dans le management, la publication de sa thèse de fin d’études le propulse sur le devant de la scène économique. Une banque américaine acquiert l’exclusivité sur les méthodes employées dans sa thèse, ce qui l’amènera à former une partie du personnel de cette même banque puis à embrasser une autre carrière, contraint par une clause de non-concurrence. Après avoir travaillé pour une compagnie minière au Pérou, puis pour le gouvernement péruvien après la nationalisation de la compagnie minière, il décide de retrouver sa Belgique natale, et prend le poste de Professeur d’Economie Internationale à l’Université de Louvain. Il publie durant son professorat plusieurs ouvrages, dont le premier en 1979 qui annonce la crise de la dette d’Amérique Latine qui aura lieu au début des années 80. Il devient rapidement le spécialiste des questions monétaires internationales, tant et si bien que la Banque Nationale de Belgique (B.N.B.) lui propose un poste de haute fonction. Pendant sa carrière à la BNB, il participera à la création de l’Euro et occupera également la position de Président du Système de Paiement Électronique de Belgique. Après 5 ans en poste, Bernard Lietaer ayant acquis la conviction qu’une Banque Centrale n’existe que pour perpétuer un système en place et non pour l’améliorer, il décide de quitter ses fonctions. Il a par la suite co-fondé GaiaCorp et dirigé des fonds de monnaies, dont l’un d’eux, Gaia Hedge II sera reconnu comme le plus performant du monde sous sa direction de 1987 à 1991. En 1992, Bernard Lietaer est élu « meilleur trader de monnaies du monde » par le magazine Business Week. En 2012, il était l’auteur principal d’une publication du Club de Rome, « Monnaie et stabilité : le lien manquant », qui annonçait que les années 2007 à 2020 seraient une grande période d’agitation financière et d’écroulement monétaire graduel. Bernard Lietaer est l’un des plus grands défenseurs des monnaies complémentaires, et en particulier des monnaies régionales. Il est également convaincu de la corrélation entre la monnaie que nous utilisons et le paysage communautaire et écologique dont nous faisons partie.